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Voyage au Cambodge, novembre
2005.
Le choc ne
nous a pas été évité : dès notre arrivée au Cambodge, nous avons visité le musée
Tuol Sleng du génocide perpétré par les « Khmers rouges ». Ce tristement célèbre
« S 21 » établi dans un lycée a vu défiler, torturer et mettre à mort 20.000
détenus dont la seule faute était l’appartenance à une élite intellectuelle. Le
génocide a éliminé le quart de la population du Cambodge…. Chaque cambodgien
vivant déplore la mort ou la disparition d’un membre de sa famille lors de cette
hécatombe !
Une grande
pudeur les retient de raconter leur histoire personnelle, mais dès que la
confiance s’est établie, ils semblent exorciser leur mémoire et dévoilent le drame
vécu.
Noua avons
rencontré et longuement discuté avec des jeunes cambodgiens très conscients de
l’état de leur pays rongé par la corruption au plus haut niveau d’un pouvoir
soit disant démocratique. Imprégnés de bouddhisme et traumatisés par une guerre
civile de trente ans, ils souhaitent une évolution pacifique. A ce tableau de
politique interne, il y a lieu d’ajouter l’appétit des deux grands voisins. En
effet, la Thaïlande et le Viêt Nam ne se sont pas privés par le passé d’annexer
des territoires Cambodgiens.
Nous avons
découvert un peuple très souriant et accueillant mais encore abasourdi par le
drame de cette longue guerre civile, disposant de peu d’intellectuels,
d’artistes et d’artisans, sans solution à court terme pour « contrer » la
corruption, comme tentant de reprendre son souffle, conscient aussi que l’aide
internationale ne parvient que dans une très faible mesure à atteindre ses
objectifs. L’espoir d’une aide efficace repose plus sur les ONG de terrain, dont
certaines ont pu évoluer vers une gestion locale, l’autosuffisance financière,
la création d’emplois durables et la résurrection d’un artisanat lui aussi bien
malmené lors de cette gigantesque auto destruction.
Bernard Delforge.
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